Amâna : la promesse tenue de jeunes bruxellois·es à des Palestinien·ne·s

La compagnie Alrowwad et Les Ambassadeurs d'expression citoyenne vont s'emparer de la scène du Varia pour faire entendre des récits palestiniens.

« En arabe, le terme amâna signifie principalement confiance, loyauté et fidélité. Ce concept englobe également la responsabilité morale, une promesse sacrée et le dépôt de quelque chose de précieux confié à quelqu’un·e. »

Ça s’affaire en coulisses depuis des mois, depuis leur voyage en Cisjordanie en mai 2023. En août dernier, des membres de notre association, amateur·rice·s pour la plupart, se sont retrouvé·e·s pour une semaine d’ateliers dédiés au théâtre, mais aussi à la réflexion.

Quels mots choisir ? Comment relater ce qu’on nous a confié ?

Les questions sont multiples, on en débat et on y répond dans une démarche de démocratie participative. La troupe naissante est entourée par la metteuse en scène Coline Struyf et deux comédiens-dramaturges : Onur Aydin et Mahi Hadjammar.

Les 15, 16 et 17 octobre prochains, ces jeunes bruxellois·es monteront sur la scène du Théâtre Varia à Ixelles, accompagné·e·s de cinq danseur·euse·s palestinien·ne·s qu’iels ont rencontré au Camp de Aïda, non loin de Bethléem.

Lors d’une des répétitions de Amâna ©Vivien Ghiron

"J’ai toujours pensé que les gens n’avaient simplement pas assez vu ou alors qu’ils avaient gardé les yeux trop longtemps fermés. Maintenant, je comprends que même les yeux écarquillés, on refuserait de voir."

Avant de partir en territoire palestinien occupé, les jeunes ont été formé·e·s, préparé·e·s par Les Ambassadeurs et l’association belgo-palestinienne (abp).

Iels ont notamment été amené·e·s à lire Apeirogon de Colum McCann, livre qui a marqué leur perception de l’occupation.

Le groupe est ensuite parti à la rencontre d’associations palestiniennes, basées à Jérusalem-Est, Ramallah ou Hébron.

Les Bruxellois·es ont emmagasiné des récits, photographié des lieux, multiplié les rencontres. Iels ont recueilli des témoignages directs de dignité de toutes celles et ceux qui subissent la colonisation.

Des Ambassadeur·rice·s et des jeunes Palestinien·ne·s du Camp de Aïda, faisant le fameux chi-ba-fu

"En Palestine, je dessinais car je ne pouvais pas écrire."
"Pas parce que c'était plus simple mais parce que je n'avais plus les mots. A bien y réfléchir, je pense qu'il leur a fallu une mise à jour. Il leur fallait se parer d'un nouveau sens qui n'existait pas encore dans mon esprit d'alors. J'ai dessiné, dessiné, dessiné. Aujourd'hui, il ne me reste que la poésie pour redonner un sens aux mots."

S’il y a une chose qui importe grandement aux Ambassadeurs d’expression citoyenne, c’est bien de faire entendre les voix rendues inaudibles, donner la parole aux personnes concernées. En effet, comment parler de la situation en Palestine sans avoir auprès de nous celles et ceux qui traversent ce quotidien fait de violences et d’incertitudes ?

Alors, nous avons fait une promesse : des artistes palestinien·ne·s de la compagnie Alrowwad seront sur scène, elleux aussi. Pour faire vibrer nos cœurs au diapason de l’humanité.

Lors d'une répétition ©Vivien Ghiron
Laurianne Systermans
3/11/2025

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