Carte blanche

Parresia ne pouvait conclure son dossier sur les nationalismes sans revenir sur les élections législatives en France. Un taux de participation historique, mais surtout, un parti d’extrême droite qui pourrait devenir majoritaire à l’Assemblée nationale. Nous, l’équipe, nous rappelons notre engagement en faveur des minorités, aujourd’hui sous le coup d’un véritable danger. Face à la libération de la parole haineuse à grande échelle, nous resterons soudé·e·s.

« Flaque gluante et toxique. »

« Catastrophe industrielle et écologique. »

Cette marée noire est aussi historique que visqueuse. Elle étouffe ses proies, elle vient plaquer son carburant sur l’épiderme des minorités. Tout risque d’y passer : la faune, la flore et notre humanité.

Bolloré doit jouir et se délecter. En ayant lavé le cerveau de millions de Français·es chaque jour à la télé, à la radio, dans des chroniques dites « engagées », l’orgasme politique est à son apogée. Car il est impossible de croire qu’en deux ans à peine, le nombre de fachos ait triplé. Quatre millions aux élections de 2022, douze millions hier soir. Qu’est-ce qui a poussé tant de gens à se ruer sur la nationalisme, la xénophobie et le vomi sécuritaire ? Ont-ils« simplement » été assourdis ? Hanouna et Cnews ont-ils « bêtement » énucléé celleux qui étaient censé·e·s rester les yeux écarquillés devant tant de bêtises et d’abrutissement ?

Parresia aurait aimé être moins alarmiste, moins dans le thème, moins désabusé.

Mais en ce lendemain de premier tour des législatives françaises, il faut se rendre à l’évidence : plus de 30% des électeur·rice·s ont choisi de refouler l’égalité, de libérer la noirceur, de bafouer des droits et des identités.  

Homosexuel·le·s, transgenres, femmes ; personnes handicapées, racisées, précarisées ; presse, humoristes, milieu associatif :  nous sommes toustes en danger. Les gens que nous aimons risquent d’être violentés dans leur intégrité. Alors, pour faire face à l’ennemi, il faut continuer à le nommer : l’extrême droite est néo-fasciste, elle reste une dérive autoritaire nationaliste inchangée.

Cette extrême politique et bourgeoise n’est plus « à la porte du pouvoir », elle a déjà, depuis plusieurs années en réalité, un pied-dans-la-porte. Une technique de manipulation qui permet de « faire faire à d’autres ce qu’on aimerait qu’ils fassent sans avoir l’impression d’être forcés. » Un art de la persuasion qui au bout de 20 ans et plus a fini par fonctionner. L’Histoire en sera marquée. Comment alors la contrer ? Comment renier le vote de millions d’électeur·rice·s qui risquent de former une majorité en alliant rejet et déni de l’égalité ?

Chez Parresia, nous continuerons à nous engager, pour les voix des minorités.

Reste à savoir ce qu’il va advenir de notre humanité.

Laurianne Systermans
1/7/2024

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