Le souhait d’un autre temps

Deux fois plus de travail pour deux fois moins de reconnaissance. C’est la réalité de nombreuses femmes dans la société patriarcale qu’est la nôtre.📈📉 Comment s’extirper de ces carcans lorsque d’aucuns estiment encore que les femmes sont prédestinées à certains métiers ?Lorsque certaines de celles qui se battent contre ces injonctions perpétuent ces mêmes schémas pernicieux ? Lorsque la souffrance de toute une part de la société devrait rester invisible ?

L’injonction

aux soins

à la douceur

à la maternité

se glisse aussi dans nos boulots

Il fut un temps où

Les femmes avaient comme travail non rémunéré

De rester à la maison,

S’occuper des enfants,

S’occuper du foyer,

S’occuper du mari,

Et de temps en temps

l’aider lui aussi

dans son travail rémunéré

Dans ce temps hétéronormé

Il était clair que la place de la femme

n’était pas au labeur

Celui valorisé par la société

Celui fait par les hommes

Aux temps d’aujourd’hui,

Temps toujours hétéronormés

On attend de la femme

Qu’elle cumule avec brio et perfection

Son travail non rémunéré

Et son nouveau droit

Son travail rémunéré

Aux temps d’aujourd’hui

On nous crie

Sois belle et tais-toi

Travaille et tais-toi

Face aux conseils d’orientation

C’est vers des “voies naturelles”

Qu’on oriente encore aujourd’hui les femmes

L’apprentissage

Le soin

L’aide

Parce que soi-disant instinctif

Et quand l’ambition pointe le bout de son nez…

Il ne faudrait pas que l’emploi du temps

Restreigne

Empêche

Fasse obstacle

À la maternité

Lorsqu’on est femme

et qu’on travaille

ça ne doit pas se voir,

Bien que

les mains calleuses

et

le froc sale

soient synonymes d’un dur labeur.

Il existe une souffrance

Celle invisible

Celle des femmes qui travaillent

Dans ces petits boulots de soin

Qu’on oublie

De l’infirmière qui manipule et soulève les corps

De la caissière qui reste debout et répète les mêmes gestes encore et encore

De la femme de ménage qui s’accroupit, se courbe, se plie dans les moindres recoins

Souffrance au travail,

Similaire à d’autres,

Mais invisibilisée parce qu’exercée principalement par des femmes

Parce que les études visant à régler ces problèmes s’y penchent moins

Donner du soin aux autres

N’en recevoir de personne

Même pas de ceux dont c’est le boulot

Injonction sur injonction,

“T’as voulu travailler ?,

Alors travaille

Mais dans ce cas,

Sois efficace et bonne travailleuse

Sois polie et douce

Sois belle et sexy

Sois mère exemplaire et femme idéale

Mais

Sois réactive et qu’importent les horaires,

Sois à l’heure pour le repas et là pour coucher les enfants,

…”

Bien que dans les couples hétérosexuels la répartition des tâches et charge mentale

Soient devenues des termes à la mode

Les femmes restent celles

qui vivent des journées à double entrée

qui vivent des horaires aménagés pour les tâches domestiques sans une diminution des charges de travail

qui vivent ce fossé jusqu’au moment de la retraite

Lorsqu’on va au contact de femmes

qui font des “métiers d’hommes”

comme on l’entend souvent

Elles racontent elles aussi

Les difficultés qu’elles rencontrent

Les tâches auxquelles elles sont reléguées

lorsqu’elles travaillent avec des hommes

sont différentes

Contact avec la clientèle

Accueil avec le sourire

Nourrir, chérir, adoucir

Et même si de nombreux exemples

De femmes travaillant

De femmes s’épanouissant dans leur métier

De femmes allant à l’encontre des injonctions

Existent

Elles ne sont malheureusement qu’une infime réalité

Et souvent elles-mêmes reproduisent ce système de domination

Sous-traitance

D’autres femmes pour s’occuper

De la maison

Des enfants

Les inégalités sont encore nombreuses

jusqu’au piquet de grève

Éthique,

Culpabilité,

Quand arrêter de travailler implique

la santé, l’éducation et le bien-être d’autrui

La volonté n’est pas de pouvoir travailler “comme les hommes”

Mais de permettre à toustes

TOUT

En reversant l’équilibre

En déconstruisant les stéréotypes

Il faut avancer

et aller vers un temps

Où le travail rémunéré n’est plus le seul valorisé

Où contribuer à la société n’est pas synonyme de renflouement des caisses du capitalisme

Où femme n’est plus synonyme de congé de maternité

Où, dans un couple hétérosexuel, les deux partenaires assurent ces doubles journées

Rêver

Imaginer

Concevoir

Un temps

Celui du “care”

Par toustes

Pour toustes

Zélie Sels
30/3/2024

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