« Pourquoi moi ? D’autres sont morts, j'aurais pu y passer aussi mais je suis toujours là… »

Il y a un avant et il y a un après... En surmontant une première épreuve, les rescapé·e·s d’une tragédie doivent souvent se confronter à une deuxième : celle de continuer à vivre, marqué·e·s à jamais. Seul·e·s et incompris·e·s, iels sont amené·e·s à se battre pour se reconstruire et retrouver goût à la vie qu’iels ont failli perdre. Coup d’oeil sur la culpabilité du survivant, ce syndrome qui impacte les trajectoires de vie des victimes bien plus longtemps que le jour où leur parcours a basculé.

« Pourquoi moi ? D’autres sont morts, j'aurais pu y passer aussi mais je suis toujours là… »


Le syndrome de la culpabilité du survivant est un trouble de stress post-traumatique qui survient après avoir été confronté·e à la certitude de sa propre mort et avoir finalement survécu.

Identifiée au cours des années soixante, cette réaction à un traumatisme est très fréquente. Elle amène un·e sujet·te à estimer soit qu’iel aurait dû être à la place des victimes, soit qu’iel aurait dû empêcher la mort de l’autre.

Fatigue extrême, dépression chronique, anxiété, sautes d'humeur, troubles du sommeil et retrait social sont autant de symptômes liés à ce trouble.

Plusieurs survivant·e·s à des attentats expliquent souffrir de ce syndrome reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé. Celui-ci frappe aussi des rescapé·e·s d’accidents, de guerres, de cancers ou encore… des employé·e·s ayant vécu des périodes de grande réorganisation.

Cette condition est aussi appelée le syndrome de Lazare en référence au personnage biblique. Ressuscité après 4 jours par Jésus, il trouve que le monde n’est plus pareil et qu’il est devenu beaucoup plus menaçant. ‍

Dans les faits, c’est lui qui a changé. À son image, on pourrait croire que les survivant·e·s sont soulagé·e·s mais souvent la peur prend le dessus : on n’est plus à l’abri d’une nouvelle attaque.

Pour surmonter cet état, il faut commencer par reconnaitre son sentiment et accepter que la vie ne sera plus la même qu’auparavant.

La guérison passe également par le fait de rompre l’isolement en s’ouvrant à son entourage proche et en réinventant son quotidien. Pour certain·e·s, il sera nécessaire de suivre une thérapie pour soigner cette pathologie.

‍

27/9/2023

A lire également

Éducation
Société
Justice

Enfants racisés : l’innocence confisquée

Cet article porte sur les inégalités scolaires et les violences institutionnelles vécues par les jeunes des quartiers populaires.
19/10/2026
Société
Militance
Justice

Diviser pour mieux régner ?

Entre analyse, vécu et slam, un appel à l’intersectionnalité, à la solidarité et à « choisir l’amour », contre les valeurs dominantes. Lara nous invite à se déconstruire, à regarder les corps autrement.
Lara Sentissi
16/10/2026
Militance

La guerre des/avenirs

Un édito qui vous invite à nous rejoindre prochainement, nos invitations, nos batailles.
Ines Talaouanou
12/10/2026