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Métro, boulot, idéaux

Tu fais quoi dans la vie ?

Aujourd’hui, j’y arrive enfin.

Je mets petit à petit le syndrome de l’imposteur·euse à la poubelle.

J’ai compris que cette question n’est pas une compétition, qu’elle peut être sincère et que la réponse ne doit pas forcément s’appeler performance.

Mais avant d’en arriver là, il y a eu de nombreuses étapes.

Tu veux faire quoi quand tu seras plus grand·e ?

Ça va à l’école ? Tu vas faire quoi comme étude après ?

Et tu penses que tu vas travailler dans quel secteur ensuite ?

Ça se passe bien au boulot ?

Finalement parfois, on tente de répondre à des questions auxquelles on a pas envie de répondre.

Parfois, on se retrouve même on se surprend à poser ces mêmes questions à d’autres.

Et on finit même par se poser beaucoup trop de questions jusqu’à remettre toute sa vie en question. Compliqué, hein ?

Moi, je répondais que je voulais être sage-femme parce que je trouvais que c’était le plus beau métier du monde.

L’école n’a jamais vraiment été mon “truc”. J’ai changé quatre fois d’établissement et fait un an en internat car je voulais, tenez-vous bien, être indépendante.

Le secteur dans lequel je voulais travailler ? Aucune idée.

Le genre de réponse qui ne plait évidemment pas à tout le monde.

Après 5 ans d’études, armée de ce fameux bout de papier, je trouve enfin un boulot. Eh oui : vie professionnelle, me voilà !

Une courte période d’excitation, suivie de doutes à nouveau. L’événementiel B2B ce n’est pas vraiment ma came en fait.

Travailler jour et nuit pour que des paillettes d’une valeur démesurée pleuvent le temps d’une soirée sur les employé·e·s de la boîte X avec pour seul but qu’iels soient encore plus productif·ve·s par la suite. Je suis pas certaine d’y voir du sens.

Ensuite, ce qui devrait arriver, arriva. Je change d’avis, je pense que je me suis trompée de direction. Place aux regards inquiets et aux coups de pression discrets.

“Je comprends mais.. Tu ne chercherais pas un autre boulot avant de quitter celui-là?”

“T’es sûre ? Tu n’essaierais pas encore un peu ?”

“Mais t’inquiète hein… Tu vas trouver j’en suis certain·e !”

Malgré tout, aujourd’hui quand on me pose la question fatidique, je réponds que tout se passe bien ! Eh oui, croyez-le ou non mais j’irais même jusqu’à dire que ma vie professionnelle me fait vibrer quotidiennement.

Je suis nourrie, je m’amuse, je rencontre, je créée des liens… J’ai trouvé du sens.

La place est maintenant aux “Ne bosse pas trop !”, “Tu ne te reposerais pas un peu de temps en temps ?”, “Il faudrait que tu arrives à dire non...”.

C’est vrai qu’une fois qu’on se sent enfin bien, on en veut toujours plus. Toujours plus donner pour toujours être plus nourrie.

Je ne vous cache pas que quand j’entends tous ces burn out autour de moi, j’ai peur de ce qui pourrait me tomber dessus.

C’est exactement là où nous voulons en venir dans ce dossier.

Au-delà de toutes les pressions, questionnements et craintes que ce monde peut amener. Il peut aussi être une réelle source d’épanouissement.

Et toi, tu fais quoi dans la vie ?

Clémentine Quevy

Coordinatrice du plus grand concours de prise de parole en Belgique Passionnée d'une communication sensée et au service des jeunes, aussi créative que débrouillarde Clementine est notre responsable stratégie digitale

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Le podcast

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[Mauvais genre]

Alexandre Dandelot

Employé comme chargé de projet de la cellule Vers Demain, après des études de sociologie à l'UCL.

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Comédienne de formation, chargée de projet dans l’association « Les ambassadeurs d’expression citoyenne »

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Laurianne Systermans

Coordinatrice sur le projet Parresia et accompagne les jeunes dans leur envie de s’essayer à l’expression journalistique.

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Sels

Zélie Sels

Comédienne de formation, chargée de projet dans l’association « Les ambassadeurs d’expression citoyenne »

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